RDC: DES SIGNES AVANT COUREURS D'UNE RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 COMPROMISE
En République Démocratique du Congo, la rentrée scolaire 2026-2027 s'annonce compromise beaucoup d'enjeux. Au regard des signes avant coureurs, cette rentrée de classe est en risque d'accoucher d'une souris.
Fixée au mardi 1 septembre 2026, la date elle-même ne fait pas unanimité au sein de l'opinion publique. Certaines opinions veulent que la rentrée de classe soit un lundi comme cela est devenu de coutume depuis belle lurette. Elles accusent la ministre de l'éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu DINANGA d'avoir agi par mimétisme à la France où la rentrée est prévue habituellement un mardi.
Au-delà des plaintes sur la date, il s'observe des tensions au sein de la communauté enseignante. Un grand nombre de ces instructeurs de base réclament le paiement des arriérés des salaires. Depuis plusieurs jours, les organisations syndicales des enseignants brandissent dénoncent le non respect des engagements par l'État congolais, brandissant ainsi la menace de grève le jour même de la rentrée.
C'est dans ce cadre que la Synergie des syndicats des enseignants de la République démocratique du Congo (RDC), regroupant le SYNECAT, la CCT, la FA, le COFEVID, le SYPEFCO et le SYADEC, avait ordonné à grever dès le jour de la rentrée scolaire. Pour la cynergie, cette décision vise à amener le gouvernement à honorer les engagements pris en faveur des professionnels de l'enseignement.
Des tensions similaires continuent d'être enregistrées dans différentes entités éducationnelles. À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, plusieurs enseignants des territoires sont venus réclamer leurs salaires. Ils étaient bloqués dans la ville, près de deux mois, situation inquiétante à 11 jours de la rentrée scolaire. À Mbaza Ngungu, le débat de la rentrée de classe est plutôt tourné vers la construction inachevée des écoles du programme de développement 145 territoires. La société civile locale dénonce une situation qui, selon elle, compromet le droit à l'éducation de nombreux élèves. Elle exige des explications de la part des autorités compétentes ainsi qu'une reprise urgente des travaux afin de permettre aux enfants d'étudier dans des conditions adéquates.
La rentrée scolaire 2026-2027 devra également faire face à la situation sécuritaire et humanitaire tendue. Par rapport à la situation sécuritaire, la rentrée scolaire va peiner à se déployer dans les zones sous contrôle de la rébellion, soit elle pourra se faire sans accompagnement adéquat du gouvernement congolais.
En ce qui concerne la situation humanitaire, les enfants déplacés de guerres sont menacés d'exclusion à la rentrée de classe, faute de moyens. À ce sujet, le Réseau des ONG de défense des droits des déplacés internes en RDC (RODDI-RDC) appelle à une mobilisation en faveur des enfants déplacés. Depuis le Kwango, l’organisation alerte sur le risque d’exclusion scolaire de milliers d’enfants ayant fui les violences. Le coordonnateur de ce réseau, Symphorien Kwengo, explique que la situation concerne notamment des familles déplacées du Nord-Kivu, du Mai-Ndombe, du Kwilu, de l’Ituri et de Kinshasa.
À la situation sécuritaire et humanitaire s'ajoute celle liée à l'épidémie d'EBOLA qui continue de s'étendre. Pour faire à la situation épidémiologique compliquée, la ministère de l'Éducation a annoncé l'instauration des mesures préventives : un système à trois niveaux : vert, orange et rouge, indiquant l'intensité de la transmission. À ce stade, environ 2 890 établissements sont considérés comme étant à haut risque. Une précaution d'autant plus importante que, selon l'Unicef, les enfants représentent environ 21% des cas confirmés d'Ebola, mais un tiers des décès rapportés.
Ainsi, plusieurs faits montrent les défis qui attendent la rentrée de classe 2026-2027. Cependant, le Chef de l'État congolais avait déjà anticipé la situation. Il avait instruit le gouvernement à tout mettre en œuvre pour une rentrée scolaire apaisée. Par la même occasion, Félix TSHISEKEDI avait appelé au dialogue permanent entre le gouvernement et les enseignants afin de préserver la paix sociale.
S'inscrivant dans cette dynamique, la ministre de tutelle Raïssa Malu DINANGA s'y est investie. Elle a multiplié des activités de dialogue avec les enseignants et celles de sensibilisation des officiels de son ministère. Des initiatives qui pourraient faire baisser la tension et garantir une rentrée de classe 2026-2027 apaisée comme le souhaite le Chef de l'État, Félix TSHISEKEDI.
La Rédaction